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Parution. Je dois tout à ton oubli de Malika Mokeddem

 

Elle avait oublié des années durant, occultant l’incident jusqu’à ce qu’une patiente à elle meure d’un arrêt cardiaque. Dr. Moufid a renoué avec le sable, élément primaire de son enfance. Dans les tourments, les tornades. Ne voit-elle pas enfin les choses avec clarté ? Elle se souvient du meurtre commis par sa mère sur un nouveau-né. Déshonneur et machination, des éléments de contre-vérité.

Le roman retrace la relation mère-fille, une désunion plus qu’une fusion teintée de lien filial. Elles ne s’aiment pas. Qu’est-ce que l’amour ? Elles se vouent une haine sourde. Chacune a ses raisons mais ne verront pas la machine avancer. Selma revient au berceau de la mort pour faire parler la génitrice. Elles ne partageront que des yeux hagards, des griefs mille fois ressassés, le silence est une souffrance, savoir enfin la vérité est une calamité car Selma préfère de loin qu’on réfute ses soupçons au lieu de les confirmer.

Dr. Selma, algérienne du sud (Béchar), ayant fait ses études à Oran puis installée en France. Encore une fois, Malika Mokeddem nous sert son propre parcours sous la trame d’un roman. Enième tentative pour exorciser le mal d’une famille vivant les traditions d’une manière quelque part rétrograde. On est surpris parfois par la froideur que dégage ce couple. Une glaciation émanant beaucoup plus de la fille qui s’insurge contre l’ordre établi et balaie d’un coup les qu’en-dira-t-on.

Malika Mokeddem a le toupet d’envoyer balader les convenances et n’en faire fi. Elle dérangera tant et ça lui va bien.

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