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Parution. Je dois tout à ton oubli de Malika Mokeddem

 

Elle avait oublié des années durant, occultant l’incident jusqu’à ce qu’une patiente à elle meure d’un arrêt cardiaque. Dr. Moufid a renoué avec le sable, élément primaire de son enfance. Dans les tourments, les tornades. Ne voit-elle pas enfin les choses avec clarté ? Elle se souvient du meurtre commis par sa mère sur un nouveau-né. Déshonneur et machination, des éléments de contre-vérité.

Le roman retrace la relation mère-fille, une désunion plus qu’une fusion teintée de lien filial. Elles ne s’aiment pas. Qu’est-ce que l’amour ? Elles se vouent une haine sourde. Chacune a ses raisons mais ne verront pas la machine avancer. Selma revient au berceau de la mort pour faire parler la génitrice. Elles ne partageront que des yeux hagards, des griefs mille fois ressassés, le silence est une souffrance, savoir enfin la vérité est une calamité car Selma préfère de loin qu’on réfute ses soupçons au lieu de les confirmer.

Dr. Selma, algérienne du sud (Béchar), ayant fait ses études à Oran puis installée en France. Encore une fois, Malika Mokeddem nous sert son propre parcours sous la trame d’un roman. Enième tentative pour exorciser le mal d’une famille vivant les traditions d’une manière quelque part rétrograde. On est surpris parfois par la froideur que dégage ce couple. Une glaciation émanant beaucoup plus de la fille qui s’insurge contre l’ordre établi et balaie d’un coup les qu’en-dira-t-on.

Malika Mokeddem a le toupet d’envoyer balader les convenances et n’en faire fi. Elle dérangera tant et ça lui va bien.




C'est avec stupeur et tremblements qu'on peut se donner le coup de grâce si l'on veut montrer qu'on est indigne face à l'empereur nippon. De joie, il en sera irradié.
Telle fut la sentence que préféra Sandrine Testud, alias Amélie San, de proférer face à sa supérieure hiérarchique Fubuku, telle une tempête de neige, glaçon au pays du soleil levant.
Amélie Nothomb rêve de Japon, son pays natal où elle vécut cinq ans avant de rejoindre l'occident, non sans avoir pris cela comme une déchirure qui l'eut peinée toute sa vie. Heureusement que la compagnie Yumimoto est là pour lui permettre de revenir.
C'est un concours du combattant qu'elle devra suivre, subir ls brimades, les humiliations pour qu'elle puisse prétendre à être une vraie japonaise, digne devant l'incongruité. Elle se fera maltraitée une année durant, dont six mois d'affectation aux toilettes pour changer le papier hygiénique.
Quelle immense joie que de savoir que cette expérience a permis l'apogée de l'oeuvre nothombinesque singulière qu'elle est.




Être Harrag, c'est partir de son pays d'origine vers un autre (plus clément ?) via un circuit de toute clandestinité. On renie son origine géographique afin de prétendre à des conditions de vie plus propices au bien-être.
C'est aussi partir, fuir les siens afin de clamer une liberté qui ne colle pas aux normes.
Lamia vit avec pour seule amie, la solitude. Dans sa maison à Rampe Vallée (Alger ), elle est la gardienne d'une demeure aux histoires diverses, aux fantômes qui assistent médusés à ce qui arrive de nos jours.
Lamia assiste aux départs successifs de ses parents, de son frère aîné, et voila que son petit frère s'en va, vers Oran, peut-être aller très loin encore. Elle est sans nouvelles, quand, un jour, on frappe à la porte : Une jeune fille apparait avec ses air de lolitas, elle a dix-sept ans , un ventre gonflé et la missive du jeune frère pour qu'on s'occupe d'elle. Lamia n'en croit pas ses yeux mais elle la laisse rentrer; elle finit même par s'attacher à elle.
Le roman dresse un tableau qui englobe le phénomène de l'immigration clandestine. Parfois, on verse dans la chronique (raconter des passages de reportages télé),
On retient que Cherifa (Lolita) est une immigrée clandestine de la pensée unique; une fille qui a fui pour ne pas être ce qu'on voudrait qu'elle soit. Les algériens sont presque tous des Harraga, encore faut-il savoir resister à embrasser l'idée unique.


Peter-Zeus Lama est un artiste qui ne rate pas d'occasions pour faire parler de lui. Il rencontre un jeune homme sur le point de mettre fin à ses jours. il le sauve de sa folie pour servir la sienne. 

Il lui propose de disposer entièrement de son corps pour qu'il devienne une oeuvre d'art, le jeune homme se livre corps et âme à celui qui en fera Adam bis: une créature dotée de prothèses, et complétement refondée selon la vision artistique de Lama.

Quelle mort se cherche le jeune Farelli qui reste sous l'ombre de ses frères tellement beaux, tellement riches et idolâtrés. Sans doute, une mort plus que la mort elle même : se vendre pour n'exister plus, substituer une autre image à celle qu'il croit voir, se voir anéantir sous un autre parraître lui donnant un attrait, non pas de l'humain envers la beauté, mais envers la possibilité d'être ce dont on a peur d'être.

Mais alors que le processus est déja entammé qu'Adam bis découvre deux personnes qui lui ouvrent les yeux sur une fenêtre dont le support est un tableau. L'art création, douceur des couleurs, singularités des sensibilités. Son coeur bat pour Fiona.

Il s'en suivra un combat féroce entre lui et l'institution qui l'achetera pour un de ses musées, ainsi qu'un autre combat que doit se livrer le corps contre lui même. 

Un roman touchant que je verrais bien sur l'écran.



Jeux Interdits est la fable de deux enfants : Paulette (Brigitte Fossey) et Michel (Georges Poujouly) qui se mettent à construire un cimetière sur les restes vétustes d'un moulin. 

1940, Paulette se retrouve errant dans la campagne alors qu'elle perd ses parents dans une attaque de l'aviation allemande. Elle prend avec elle son chien mort et rencontre Michel, fils de paysan qui est à la recherche de leur vache.

Michel la présente à sa famille. 



Paulette comprend qu'il faut mettre une croix sur chaque tombe. Les deux enfants entreprennent d'aggrandir le cimetière avec une taupe, un pigeon, un verre de terre, une giraffe ... Les croix disparaissent de partout, du corbillard, et même du cimetière officiel pour attérir dans le petit terreau réservé par Paulette et Michel.


Beau film d'époque qui a remporté le Lion d'Or à la Mostra de Venise ainsi que l'oscar du meilleur film étranger en 1952.



Le Centre Culturel Français pour sa rentrée nous a offert une soirée Courts.

Ils sont neuf, parmi lesquels je citerai mes favoris :






Camera obscura (France. 2007 - 7 mn)












Terminus (Canada. 2007 - 8mn)






Raymond (Royaume Uni et France, 2006)



Cela commence par Timmy Thomas "Why can't we leave together", C'est la rue Bleue. 
Moïse regarde les filles,  celles qui feront sa joie, celles qui engloutiront sa tirelire.



Il achète ses provisions chez Ibrahim, l'arabe du coin. Il commêt de petits larcins et se lie d'amitié à l'épicier. Omar Sharif entreprend l'apprentissage de Pierre Boulanger. 



Moïse est en manque d'amour, en manque de sa mère, de son frère que son père ne cesse de louer son image. Il va aux putes rue Bleue pour se sentir aimé, il va chez Ibrahim l'arabe qui n'est pas arabe pour être mieux accepté. Il lui conte la vie, il lui dit sans cesse qu'il sait ce qu'il y a dans son coran.

Le père disparait, Moïse devient le fils d'Ibrahim qui le mènera dans un périple à travers l'europe en nuages jusqu'à sa terre natale, en Turquie, là où se trouve son destin accompli.

La relation entre les deux fige en des instants sur-réalistes, une question complexe, celle du lien entre les religions, ou comment le dialogue peut s'instaurer entre des exécuteurs de foi que tout sépare. Débat ouvert sur une brèche que bien d'autres devraient user.


François Dupeyron offre une adaptation du récit d'Eric Emmanuel Schmitt d'une extrême douceur, aux couleurs châtoyantes, frisant l'interdit mais avec goût et finesse. 
Omar Sharif est cesarisé en 2004 comme meilleur acteur. Il l'est bien avant cela.



Les orientales
 
Elles sont trois à l'origine : Sylvie Aniorte-Paz (Espagnole d'Oran) avec son frère Gil ont fondé le groupe Barrio Chino, Mouna Boutchebak d'Alger, Saleha Moudjari la constantinoise. Les orientales sont le fruit d'une fusion du travail que mène le groupe et l'orchestre à cordes de la radio algérienne et ressusciter les grands tels que Lili Boniche, Reinette l'oranaise, Maurice El Medioni, El Hadi Jouini.


Je les ai découvertes en 2004 à la clôture du festival culturel européen où régnait un boucan d'enfer. Avec mes amis, nous n'avions pas mieux trouvé que de nous mettre par terre à côté des ambassadeurs !



La soirée au complexe culturel Laadi Flici s'est vue ponctionnée de Mouna et de Saleha (quoique je ne l'ai jamais vue celle-là) à remarquer qu'auparavant, c'était Amina Annabi qui avait le rôle de la guest. (Si ce nom ne vous dit pas grand chose, rappelez-vous de houa hiya ...)

La salle de conférence, euh ... du spectacle est petite. Nous l'avions découverte juste après nous avoir conviés à prendre quelque chose à la cafetéria. Mais il y eut une ruée de super-mamies qui ont rafflé les meilleurs places. Nous pouvions les débuquer grace à leurs brushings divers !



Le concert commence à 22heures pour finir à 23heures. Entre ces deux bornes, Sylvie nous présente la chanteuse Samira Brahmia dont nous attendons le concert pour le 22 Septembre prochain. 

Elles vont reprendre le répertoire que nous connaissons tous : Ch'hilet laâyani; Ana F'el houb ; Alger, Alger ; Lamouni Elli Gharou Menni ; Ana Lewliya et d'autres. A noter que ana el werqa el meskina n'a pas été chantée ou bien Wayyak de Farid El Atrach , ce qui est un peu dommage.

L'ambiance était bon enfant, une bonne soirée en fait.  




Ana Fel Houb


Il a plu ce vendredi, il est 21 heures 00. Nous somme dans la salle d'attente du Mougar. Je vois ici et là des jeunes avec des turbans et des cheches, ils savent ce qu'ils vont écouter. Je trouve que cela me démange, je reconnais une dermatologue.


à l'intérieur, c'est presque vide. Ca se remplit petit à petit.

22 heures : Ca commence, une godiche tremble en annonçant la couleur. Ils sont là : Onze, chacun tenant son instrument : On distingue le mahrez (pilon), taâridja(derbouka), tar, mandole.

Ce qui est marquant, c'est la ferda ou percussion qui donne le ton dans toutes les phases de la  Qacida  (Sard, Zerb, Hamaïa) ça commence tout doucement puis ça caracole dans des sonorités "endiablées" faisant rentrer les auditeurs dans une trance telle.



Intro



Le percussionniste au centre des musiciens, joue de la ferda et donne le ton aux autres.




Souhila Aloui avait participé au concours Alhan wa Chabab. Elle prête sa voix pour interpréter Ghoumari.

Pics

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Il est dix neuf heures, je ne peux pas le garder pour moi ; je prends le téléphone et j'appelle mon amie. 
- Y a Sidi Bemol qui chante ce soir au Théatre de Verdure.
- Ah ! Je te rappelle à 21 heures  si on peut venir.
Je suis dans l'expectative, ma soirée risque d'être chiante; remarque j'ai emprunté du CCF "Harraga de Boualem Sansal" que j'ai commencé l'après midi. Un peu de mouvement et une excitation des tympans et des phalanges, quoi de plus jouissif !
21 heures 03 min, je perdais espoir quand le cellulaire dringa. Ils sont là  m'attendre, je ne sais pas comment j'ai fait mais j'ai pu les rejoindre en deux minutes six secondes. 

Nous n'y croyons pas. Il est 21h20, ça se bouscule. Il y a des jeunes, beaucoup de jeunes, on se sent vieux . Ca se sent le pin, c'est normal, c'est le Théâtre de Verdure. On rentre, trois niveaux de fouilles, aujourd'hui c'est le onze septembre.

Et voila que ça commence, 

Cheikh Sidi Bemol est Hocine Boukella. Il trône sur une musique qui puise ses sources dans le rock, le blues, le chaâbi, le kabyle et quoi d'autres ? Un mélange qui ne fait que ravir les foules qui se sont déplacées. Il enchaîne titre sur titre et d'aucuns on ne regrette d'y assister. Même le roc que je suis a pu bouger un peu les épaules, applaudi à me brûler les paumes, raté quelques sifflets que mon amie a essayé de m'inculquer le savoir. 

A noter la participation d'un violonniste s'appelant Kheireddine qui a donné une touche de finesse. Applaudi chaleureusement !

Au final, nous sommes partis sous la pluie. Singin' in the rain ...








Françoise Demulder 
(9-6-1947  /  3-9-2008)

Françoise Demulder est la première femme à avoir gagné le world press en 1977 pour avoir figé dans le temps une image bouleversante, noir et blanc, où l'on voit une femme palestinienne implorant un phalangiste chrétien encagoulé, faisant partie des milices qui rasaient le quartier de la quarantaine où se trouvaient des palestiniens.

De cette image est née une amitié entre elle et Yasser Arafat ; elle avait couvert son exil à Tripoli en Lybie.

Elle a notamment couvert différents conflits et pas des moindres, on citera le Vietnam (chute de Saïgon) , le Cambodge, Cuba, le Pakistan, l'Ethiopie.

Françoise Demulder est tombée malade d'une leucémie, puis victime d'une erreur médicale la rendant paraplégique; des photographes ont organisé une vente de photos à son profit car n'ayant aucune couverture sociale.

Elle décède le 3 septembre 2008 d'une attaque cardiaque.



D'après Le monde 










Plein soleil
Film de René Clément
Année de sortie : 1960
Distribution : Alain Delon : Tom Ripley ; Marie Laforêt : Marge ; Maurice Ronet : Philippe Greenleaf.
Durée : 1 h 54 min

Plein soleil est une adaptation du célèbre roman de Patricia Highsmith "Ripley"
Alain Delon joue le rôle de Tom, prétendu ami de Philippe Greenleaf dont le père lui a demandé de le retrouver et de le ramener en Amérique contre une somme d'argent. Cependant, Ripley voit les choses d'un autre oeil : le faste, la vie facile sans se soucier des ledemains, la femme que Philippe aime, lui procurent une autre idée, celle de s'en débarasser et d'usurper son identité. 

Un film d'époque à voir ou à revoir 


C'est devenu un rendez-vous incontournable de la scène culturelle algéroise. Les maisons d'édition algériennes et étrangères s'invitent dans les halls de la foire d'Alger pour exposer des livres récents et notamment des oeuvres littéraires.

Comme à chaque édition, un thème est introduit : "Raconte-moi un livre" s'articule autour du livre de jeunesse qu'il soit artistique ou littéraire. Il y aura de ce fait des auteurs qui s'intéressent au public jeune, avec des conférences et des ateliers à la clé.

Pour l'instant, aucun programme n'a été publié sur le site du SILA. (A suivre ...)



Le Fait du Prince est le nouveau Nothomb.

Résumé :

Olaf Sildure, vient de mourir devant la porte de Baptiste Bordave. Au lieu de prévenir la police, ce dernier usurpe l'identité du richissime Sidure. Sa femme ayant accepté sa présence, Baptiste prend congé de lui-même. Il plonge alors dans un monde de richesse, d’ivresse et de beauté, et va peu à peu s’habiter à sa position.

Source : http://www.culture-cafe.net 

Plusieurs portraits de personnalités connues, photographiées par l’artiste Zeïda Benyoucef entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle (1869-1933) à New York, qui assistait à l’époque à un véritable sursaut sur les plans sociologique, économique et artistique, ont été exposés. Le responsable de la galerie, Frank Godier a indiqué que Zeïda Benyoucef était « l’un des meilleurs photographes de son époque », ajoutant que « ses origines ainsi que son élégance ont fait d’elle une artiste distinguée à New York. Son style innovant dans la photographie a attiré la haute classe new-yorkaise, dont des acteurs, écrivains, peintres et politiques ».

Zeïda Benyoucef a marqué son temps par sa plume et son objectif notamment en publiant ses œuvres dans des revues périodiques comme The Saturday Evening Post et Ladies Home Journal et en décrochant le poste de porte-parole de la société Eastman Kodak. Elle est également la créatrice du « Salon des Américains prestigieux » qui regroupe les photos qu’elle avait prises des présidents américains comme Théodore Roosevelt qui était à l’époque gouverneur de New York avant de devenir président des Etats-Unis d’Amérique, de l’ancien président Grover Cleveland (1901) et de nombreuses personnalités américaines du monde des affaires, de l’art et de la politique. Pour rappel, Zeïda Benyoucef (1869-1933), née à Londres d’un père algérien et d’une mère allemande, s’est installée à New York en 1895, où elle a travaillé comme styliste dans la confection de chapeaux féminins avant de se convertir à la photographie. A vingt-huit ans, elle ouvre son studio dans un des quartiers les plus chics de la ville. Après dix ans d’art photographique, Benyoucef embrasse le monde de la mode, un métier de femme bien accepté à l’époque.

APS



Dans la lignée nombriliste que nous avons l'habitude de découvrir, Amélie Nothomb a pondu d'un ourrrh ! Oui, c'en est bien !


Ce ourrrh a pour objet de décrire la jeunesse de cet auteur au travers d'un japon qu'elle aime particulièrement, qui compte pour beaucoup dans l'apogée de son talent.

Dans ce dernier livre en date, Amélie nous raconte une relation qu'elle a eue avec un jeune homme pour qui elle officiait le rôle de professeur de français.

Une légèreté de ton qui rappelle Stupeurs et Tremblements.

On répondra à la question existentielle suivante : comment peut-on quitter celui qui veut nous épouser sans pour autant lui briser le coeur ? La réponse est simple ! Comment fait-elle pour nous attirer quand même dans des sentiers qui sentent la simplicité alors qu'on en attend une complexité hableuse.





Extraits :

Premier extrait :

Au japon, pour éloigner les moustiques, on brûle des katorisenko : je n'ai jamais su de quoi se composaient ces petites spirales vertes dont la lente cobustion chasse les parasites. J'en allumais aussi, ne fût-ce que pour la joliesse de ce curieux encens, mais mon pouvoir de séduction était tel que les moustiques ne se laissaient pas dissuader par si peu. Je recevais l'énorme charge d'amour de cette gent vrombissante avec une résignation qui, le supplice passé, se muait en grâce. Le sang me chatouillait de plaisir : il y a une volupté au fond de ce qui lancine.

A la faveur de cette expérience, je compris les temples aux moustiques que j'avais vus en Inde dix ans plus tôt : Les parois comportaient des trappes où les fidèles offraient leur dos à mille piqûres à la fois. Je m'étais toujours demandé comment les moustiques pouvaient ripailler dans cette promiscuité qui dépassait de loin celle de l'orgie, et aussi comment on pouvait aimer ces divités ailées, au point de se donner en pâture. Le plus fascinant restait d'imaginer le dos boursouflé suite à cette bacchanale d'insectes.

Certes, je ne serais jamais allée juqu'à suciter ce marture. Pour autant, je découvrais qu'on pouvait s'y résigner de façon enthousiasmante. Le mot "démangeaison" devenait enfin justifié : j'offrais non plus à manger, mais à démanger, il y avait dans mon sang de quoi démanger pour un banquet de bestioles volantes; j'éais faute de choix, un festin consentant.

Deuxième extrait

Quand il m'éveilla (Rinri), il était dix-neuf heures. les dames ne tardèrent pas à nous apporter le festin.

il y eut un incident alimentaire. Elles apportèrent de petits poulpes vivants. je connaissais le principe et j'avais déja fait cette déplaisante expérience : Il s'agissait de manger des poissons ou de fruits de mer à l'instant où on l'on venait de les tuer devant nous, histoire d'en garantir la fraîcheur. Je ne comptais plus le nombre de filets de daurade encore frémissants que j'avais eus en bouche; pendant qu'un restaurateur ravi me regardait en disant : "C'est vivant, n'est-ce pas ? Vous sentez le goût de la vie ?" Je n'ai jamais trouvé que ce goût méritait cette pratique barbare.

quand je vis ces poulpes, je fus doublement désolée : d'abord parce qu'il n'y a pas plus charmant que ces bestioles à tentacules, ensuite parce que je n'ai jamais aimé le poulpe cru. Mais il eût été impoli de refuser un plat.

Je détournais le regard au moment du meurtre. L'une des dames déposa la première victime dans mon assiette. Ce poulpe menu et joli comme une tulipe me brisa le coeur. "Mâche vite, avale et puis dis que tu n'as plus faim", pensais-je.

Je l'enfonçais dans ma bouche et essayai de planter les dents. Il se passa alors une chose atroce : les nerfs encore vifs du poulpe lui intimèrent de résister et le cadavre vengeur attrapa ma langue de tous ses tentacules. Il n'en démordit plus. Je hurlai autant que l'on peut hurler quand on a la langue gobée par un poulpe. Je la tirai afin de montrer ce qui m'arrivait : les dames éclatèrent de rire. j'essayai de détacher l'animal avec mes mains : impossible, les ventouses collaient formidablement. Je voyais le moment où j'alais m'arracher la langue.

Epouvanté, Rinri me regardait sans bouger. Au moins, je sentais que quelqu'un me comprenait. Je gémis du nez dans l'espoir que les dames cessent de rigoler. L'une des deux sembla penser que la plaisanterie avait assez duré et vint planter une baguette en un endroit précis de mon agresseur qui lâcha prise aussitôt.

Si c'était si simple, que ne m'avait-elle sauvée plus vite ? Je contemplai dans mon assisette le poulpe recraché et songeai que décidément, cette île méritait son nom. (Sado)


Je me suis enfin permis de prendre des vacances, et oui !! Que dire, Hallelujah !!

Alors que les vacanciers optent pour des destinations tunisiennes, voire outre méditérranéenne. J'ai pris sur moi "l'effort" d'aller à Annaba.


Comme moyen de transport, j'ai pris le taxi qui a mis un peu plus de 10 heures pour arriver à destination. Nous avions parcouru, Boumerdes, Bouira, Setif, Mila, Constantine et enfin Annaba. Pouah ! Pour du long cours j'ai bien dégusté.

Première visite : le Cours de la révolution, splendide terrasse qui s'étend en long et en large pour abriter des kiosques (crèmeries) On y déguste des préparations glacées délicieuses, on peut notamment siroter une citronnade raffaichissante dans laquelle flotte un petit iceberg de créponnet, Slurppppp !

En longeant le Cours, et jusqu'à des heures indues, on remarque que les tables sont bondées de monde, en comparaison à Alger où l'on ne trouve du monde que dans des zones côtières à quelques kilomètres du centre ville.

Un peu plus loin du cours de la révolution on retrouve une placette et qui s'appelle La Placette, association de cafés, sous un feuillage touffu. On s'y sent bien, c'est une autre ambiance.

Un autre lieu à visiter est sans conteste l'église St Augustin. Celle-ci culmine et est accessible facilement à pieds quoique parait il, il ne faut y aller qu'en taxi et descendre aussi.

A Annaba, toutes les infra-structures sont à portée de main, et on peut aller à la célèbre corniche à pieds, où l'on découvre du monde, du monde, du Moooooonde. A la plage St Cloud ou Chapuis, autant de senteurs différentes, et surtout celle de la Chicha sucrée qui ennivre.
On peut se prélasser sur le sable en sirtotant un bon thé, regardant la lune éclairant quelques bateaux.

J'ai découvert deux spécialités culinaires locales qui sont la Mouloukhia et la Gnaouia. La première est une soupe verte (pour ce qui aiment la couleur caca d'oie, lol) et la seconde, est à base du légume qui porte le même nom.

Pour aller à la plage ou aux plages, On prend les bus qui vont vers Chapuis, Toch, Karroube, ou Belvedère. L'eau y est bonne, beaucoup de monde cependant et peu d'hygiène malheureusement. J'ai préféré la plage de Toch car elle a le mérite de ne pas être si profonde que celle de Belvédère.

(à suivre ... )

Voici le début de l'éclipse lunaire vue de mon balcon,








malheureusement, il y a de fins nuages qui rendent la prise de photo presque impossible.


Nina Bouraoui,


Nina qui rime avec espièglerie, Nina qui raconte ses mauvaises pensées mais qui s'est imposée à travers d'autres écritures, faite pour une lecture de l'intime.





J'ai acheté hier "Poing Fermé" à la librairie du Tiers-Monde. Des livres y en a, des tonnes et on a l'embarras du choix. Quoique embarassé par les prix appliqués qui vont au delà des mille dinars. Le présent roman est disposé parmi les autres auteurs algériens, tels Mimouni, Dib, Sansal ou Benjelloun. Gallimard a la cote ; je dirais Gallimard nous vole nos auteurs [j'exagère]

Sous les saules pleureurs, des chats s'accouplent, griffent la terre et pleurent d'impuissance. Une femme garde les morts. le cimetière s'agence en allées, en sections, en divisions. La nuit munie d'une lampe la femme parcourt les travées et s'arrête sur les lits de pierre. Entre les tirroirs de cendres, les chapelles et leurs petites niches, elle se souvient de son enfance : une fillet a fait voeu de cruauté. La femme fuit la vie qui déborde de rires. Les temps se mélangent. Les visiteurs des tombes se pressent à la grille pour la prière ou la petite histoire, et la mémoire crie, indécente comme le corps d'un enfant sous terre.

Deux chapitres ont été entamés et cette phrase qui m'a plu : "Ils posent sous le verre puis se décomposent sous la pierre" Les morts bien sur... (n.d.T)

(à suivre)

DÉPOSE ICI ET MAINTENANT

Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes
et donne à ta vie une autre chance
de restaurer le récit.
Toutes les amours ne sont pas trépas,
ni la terre, migration chronique.
Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras
la brûlure du miel ancien.
Tu pourrais, sans le savoir,
être amoureuxd’une jeune fille qui t’aime
ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi
elle t’aime ou ne t’aime pas.
Adossé à un escalier,
tu pourraiste sentir un autre dans les dualités.
Sors donc de ton moi vers un autre toi,
de tes visions vers tes pas,
et élève ton pontcar le non-lieu est le piège
et les moustiques sur la haie irritent ton dos,
qui pourraient te rappeler la vie !
Vis, que la vie t’entraîne
à la vie,pense un peu moins aux femmes
et dépose ici
et maintenant
la tombe que tu portes !


Il n'a de charme que parce qu'il met en scène des personnages colorés comme son Madrid ou Barcelone. Pedro Almodovar se nourrit des histoires à la banalité récursive. Laissant parfois coi, on s'émeut selon les sensibilités au génie de l'un des faiseurs de la mouvance movida, qui derrière une caméra nous raconte l'espoir « Tout sur ma mère », le rapport amoureux complexe « Femmes au bord de la crise de nerfs », le miracle « Parle avec elle », l'emprise et l'addiction «la loi du désir », les destins controversés « la mauvaise éducation »

S'il ne peut y avoir qu'un seul film à recommander je n'hésiterais pas à dire « Tout sur ma mère (Todo sobre mi madre) », prix de la mise en scène au festival de Cannes 1999 :


Esteban écrit sur un carnet une nouvelle qui a pour titre "Tout sur ma mère" il la conte comme elle est, dans son milieu à l'hôpital. Manuela est coordinatrice auprès du service des transplantations.


Le jour de son anniversaire elle lui montre une photo d'elle, une partie de sa vie où elle avait joué aux côtés de son père qu'il ne connait pas, qu'il se résout à transfigurer. Elle lui promet de tout lui raconter; il doit savoir.


Le soir, ils partent voir une pièce où joue Huma Rojo, plus rouge que jamais. Il veut la rencontrer, Manuela résiste mais cède. Sous la pluie il clame son nom, elle qui ne l'entend pas, qui disparait après qu'il ait crié Huma. Sous la pluie, il court, il court, puis rien. La caméra accuse une inclinaison, sa mère crie Esteban. Il est par terre.


La coordinatrice assiste à son propre rôle de mère qui doit se résigner à accepter de signer les papiers qui donnent l'autorisation pour que sa prunelle soit transbahutée de corps en plusieurs uns.


Elle craque, elle part à la recherche du père à Barcelone, elle y trouve Agrado un ex-routier qui s'est implanté des seins, subi des transformations, la langue grinçante en humour, c'est son seul soutien. Elle devra malgré elle s'occuper de Rosa, bonne-soeur qui aide les désœuvrés, sensibilise les prostituées. Celle-ci tombe enceinte et est séropositive.


Manuela se fait embaucher par Huma l'égérie de son fils comme assistante, ira même à remplacer Nina dans le rôle qu'elle avait déjà tenu il y a vingt ans aux cotés du père devenu maintenant Lola.


La mère pleure son Esteban que rien ne peut le lui faire oublier. L'émotion est Cecilia Roth pleurant, la gorge nouée est Manuela quand elle se met derrière la porte et qu'elle sanglote quand même.


Elle finit par retrouver le père qui assiste de loin en Lola aux obsèques de Rosa qu'il avait mise enceinte et infectée. Il devra faire face au cruel de la vie, son fruit est mort alors qu'il réclamait son identité.


Rosa nomma son bébé Esteban, Manuela s'enfuit avec lui car la grand-mère a honte et ne peut pas gérer cela avec son mari malade, désorienté qui ne fait que demander la taille des gens qu'il rencontre.


La mort, la vie. Esteban redevient Esteban. La fuite encore, et retourner après pour que l'amour se normalise, l'espoir renaisse.


Délicieux film, on en reste conquis.



Cecilia Roth Manuela
Eloy Azorín Esteban
Marisa Paredes Huma Rojo
Candela Peña Nina
Penélope Cruz Rosa
Antonia San Juan Agrado
Rosa María Sardà Mère de Rosa
Fernando Fernán Gómez Père de Rosa
Toni Cantó Lola
crédits photos http://www.clubcultura.com


Janane Al Ani


Symétriques et identiques,
Idoines à leurs images argentées.
Libres ou libérées,
Elles ne sont que liberté de ton.

Libres ou délibérément osées,
De noirs elles s’enhardissent.
Symétriques et presque identiques,
Elles sont de noir et leur regard d’un profond.

Regardez comment elles s’observent,
Sachant faces qui s’effacent
De leur hardiesse,
Elles savent ce qui est incongru.

Symétrique et résolument centrale
Elle vous cingle de son affut.
Fous ! Que pensez-vous qu’elles font,
Vous cinglant de leur regard affuté, osant.

extrait de Nouvelles d'Algérie - Maïssa Bey

Il a les mains qui tremblent, faut pas croire, il a beau se dire très fort dans sa tête, au nom de Dieu clément et miséricordieux, il a le cœur à fleur de lèvres, si seulement elle ne le regardait pas comme ça, il ne peut même pas détourner les yeux, et les autres qui regardent, qui attendent, elle tout juste une petite larme irisée au coin de l’œil, comme une perle, pourquoi ne crie-t-elle pas, elle ne bouge pas, il hésite encore, quel âge peut-elle bien avoir, à peine quelques années de moins que moi, mon Dieu aidez-moi, je suis un combattant de Dieu, mon dieu, rien d’autre que ton nom en moi, je ne sais même pas son nom, elle remue les lèvres, comme si elle voulait me parler, il se penche un peu plus, elle est à genoux, saisit ses cheveux pour dégager sa gorge, dans ses mains il sent la douceur incroyable de cette lourde chevelure couleur de miel et d’ambre, la veine qui palpite au creux de son cou offert maintenant, il fait vraiment trop chaud, le soleil met dans ses yeux un reflet aveuglant, il lui dit ferme les yeux, mais elle ne l’entend pas, elle ne cille même pas, et son odeur, odeur de femme, semblable à celle de … le mal, c’est d’elle que vient le mal, toute cette souffrance qui remonte soudain en lui, corps du démon, toutes, perverses et tentatrices, il sert encore plus fort les cheveux dénoués, la petite larme coule le long de la joue, il entend la voix des autres autour de lui qui se rapprochent, ils ont fini eux, tout est calme maintenant, il n’y a plus que lui, il faut faire vite, si au moins elle criait, se débattait comme les autres, elle n’aurait plus ce regard dressé comme une lame, vite, je suis un combattant de Dieu, nous allons détruire le mal, purifier le monde, vite, ne pas oublier de réciter la formule rituelle, nacre frémissante de sa gorge tendue, et plus bas ses seins, mon Dieu, seul ton nom en moi, son regard noyé de soleil, ceci est le commandement de Dieu, le jugement de Dieu, il lève la main, et au bout de l’éclair fulgurant de la lame longuement aiguisée, c’est lui qui ferme enfin les yeux.

Hachette-Livre a donné naissance en mars 2000 à une filiale de droit algérien, appelée SEDIA. Son rôle premier était de développer des manuels scolaires. Cette vocation a vu un développement permettant la création de collections d’ouvrages littéraires dont :

- Mosaïques : Oeuvres d'auteurs algériens

- Laurier : Oeuvres étrangères.

Dans la première collection, on y apprécie Yasmina Khadra ("Le seigneur des agneaux","A quoi rêvent les loups","L'attentat","Les sirènes de Bagdad", " Les hirondelles de Kaboul"), d'autres auteurs sont aussi représentés : Anouar Benmalek (Le poumon étoilé) , Malika Mokeddem (Mes hommes), Nina Bouraoui("Mes mauvaises pensées", "Avant les hommes"), Rachid Mimouni ("Tombéza", "Le fleuve détourné").
Certains de ces auteurs ont été traduits en arabe ce qui permet d'élargir le lectorat et faire connaitre des écrivains souvent méconnus à cause d'une distribution au dela des frontières ou à la censure.

Personnellement, je trouve cette collection essentielle, de bonne qualité, hormis un petit bémol quant au prix qui peut varier de 600 à 750 DA voire plus.

Je n'ai pas encore découvert la collection laurier dont j'ai acheté "Un homme accidentel" de Philippe Besson, amorce à la découverte du panel.



Un homme accidentel
Philippe Besson


« Nous n’aurions jamais dû nous rencontrer.
Seulement voilà, le hasard nous a mis en présence.
Si on veut considérer que la découverte d’un cadavre sur les pelouses impeccables de Beverly Hills est un hasard. »
Deux hommes que tout sépare se trouvent brutalement réunis par la mort d’un inconnu. Aussitôt, entre ces deux là, surgit sans qu’ils s’y attendent, et sans qu’ils puissent s’y opposer, un sentiment violent. Un sentiment qui les arrache à la solitude et au mensonge.
A Los Angeles, ville mythique et dangereuse, une intrigue criminelle peut quelquefois devenir une intrigue amoureuse."
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On pourrait lire ce livre en pensant à un décor des années 80 dans une Amérique libertine et pourtant conservatrice. Un de ces films ou un épisode de Miami Vice que la télévision algérienne aurait bien pris le soin de censurer jusqu'à ne plus voir que le générique.

L'histoire n'a rien d'un polar, il n'y a rien qui soit glauque, pas de feutre, pas de fumée, juste un corps retrouvé sur la pelouse d'un jardin, un jeune homme mort dans des conditions mystérieuses , et deux hommes : le justicier et le présumé innocent dont la liaison constitue le noeud de l'histoire.

Les cent-trente-neuf premières pages n'ont rien de particulier, la lecture est fluide, chapîtres courts, mais une nette tendance à tourner autour du pot. Au dela de la 139eme, la mère du justicier devient complice (non pas d'un meurtre) celui-ci acceptant d'ébranler la quiétude d'une famille à l'américaine.

Livre à l'énnoncé simple, sans fioritures, d'une émotion intime à l'histoire impossible.


Comme à chaque fois, on ne peut pas lire un de ses livres sans que l'on soit pris par un désir irrépressible de le finir vite, aussi vite !
Acide sulfurique est une écriture du dialogue dans la grande lignée Nothombinesque.

Un camp de concentration à l’heure de la télé-réalité, la trash-tv qui envoie les détenus tous les jours à la mort grâce à la sélection des kapos. Ceux-là ont une moyenne d’âge de vingt ans, ils semblent avoir le pouvoir de faire abstraction de leur humanité. On y découvre Zdena, une fille détestable de part son physique et son insignifiance passée.
Zdena tombe sous le charme d’une jeune détenue, CKZ-114. Elle n’apprendra son nom que bien après.
CKZ-114 ou Pannonique devient un symbole pour EPJ-327 qui voit en elle celle qui va les libérer. Elle permettra à son entourage de profiter de chocolat, une ration maigre mais nécessaire pour qu’ils ne se fassent pas tuer.

L’endroit est un camp de concentration, le camp devient par l’Histoire une création nazie. On meurt petit à petit ; à la seule différence qu’il y a des caméras, on y filme tout. Dans acide sulfurique, le téléspectateur est le maître grâce à sa zappette. Il choisit pour des raisons quelconques qui doivent être mis à mort. C’est une démocratie, le pouvoir par le peuple. Le pouvoir de la bêtise humaine qui peut traverser les générations.

Il est écrit que l’Histoire se répète.

Ahmed Malek

Ahmed Malek s'est éteint jeudi 24/07/2008.

Il a été le compositeur de bon nombre de productions cinématographiques algériennes :

Les vacances de l'Inspecteur Tahar.

Omar Gatlatou

ou bien la série : L'incendie.


C'est la musique de cette série qui bercé mon enfance, et je me vois parfois en train de la fredonner. Faute de fichier, je ne peux pas vous faire écouter un extrait tout enclin à la mélancolie.

voici un autre document.


Une exposition se tient ces jours-ci au Palais de Mustapha Bacha de l'artiste"Aziz KACIMI-EL-HASSANI " Les murs en velours supportent de somptueux tableaux aux calligraphies et aux couleurs chaudes.












Ils sont onze à soliloquer sur une Italie qui a du mal à accepter ses immigrés, ils habitent presque tous dans l’immeuble à ascenseur où est retrouvé mort un jeune homme qui se faisait appeler le Gladiateur. Chacun a sa vérité à dire, beaucoup à dire sur eux ou à médire des autres. Leur point commun c’est qu’ils aient connu Amedeo. Un homme que tous apprécient car représentant une certaine Italie et qu’on ne peut admettre qu’il soit immigré lui aussi, venant du sud même plutôt, au delà du sud.

Le roman de Amara Lakhous s’articule sur des vérités et des hurlements. Amedeo est un hurleur qui s’attarde sur l’essentiel. Beaucoup de ses notations sont parfois des éclaircissements des logorrhées des autres.

Il y avait la vérité de :
Parvis Mansoor Samadi. Réfugié iranien, ex-restaurateur se retrouvant faire la plonge.
Bendetta Esposito. Concierge napolitaine, de mauvaise grâce qui interdit l’usage de l’ascenseur, prend Parvis pour un Albanais et Maria Christina pour une philippine.
Iqbal Amir Allah. Originaire du Bangladesh qui tient un magasin. Il a une obsession maladive quant à l’inversion de son nom et prénoms présageant, si tel est le cas, d’un malentendu pouvant lui coûter la prison.
Elisabetta Fabiani. Habitait seule avec son chien Valentino jusqu’au jour de la disparition du chien. La solitude qui mène à des états tels.
Maria Cristina Gonzales. Péruvienne en situation irrégulière et qui est logée chez une dame malade dont elle assure la surveillance. Maria Cristina passe pour être celle qui avorte le plus. Néanmoins, elle rêve d’avoir un garçon dont elle s’occupera comme une vraie mère et qu’elle appellera Amadeo.
Antonio Marini. Professeur d’Histoire contemporaine ; le moins qu’on puisse dire est qu’il voue une obsession pour l’ascenseur dont il clame l’effet civilisationnel.
Johan Van Marten. Jeune hollandais épris de cinéma néo réaliste italien. Il rêve de tourner un film autour de l’ascenseur et essaie en vain de convaincre les habitants qu’ils ont des capacités pour être des acteurs.
Sandro Dandini. Tient un bar. C’est lui qui donna le nom de Amede à Amedeo. Féru de foot.
Stefania Masaro. Femme d’Amedeo.
Abdellah Ben Kaddour. Quelqu’un qui a connu Amedeo avant.
Mauro Betarrini. Commissaire de police détient la clé du meurtre et de l’identité d’Amedeo.

J’ai bien aimé ce roman. D’une légèreté qui dénote une profondeur quant au sens de l’origine.
Je le conseille vivement à le lire.


Tout se passe la veille de mon anniversaire, enfin, pour l’auteur, il s’agit de la nuit du 5 février. Djoudet Malakout alias Djo, ex-commissaire doit élucider la disparition d’un jeune receveur à Zeralda et qui est originaire d’El Harrach.
Pourquoi un retraité s’intéresse-t-il tant à la disparition d’une personne lambda ? Me posais-je la question ainsi que son demi-frère Aybak qui œuvre dans les strates immatérielles d’une nomenklatura aux prises au pouvoir.

Le pouvoir est représenté par S, appelé encore Structure. Image, ou fantasme du parfait gouverneur de gouverneurs, créateur de machineries et catalyseur sur une scène qui dépasse le champ banal de simples citoyens.

Djo enquête, pose des questions, observe et décrit son Alger à travers la rue Didouche Mourad qui s’étend jusqu’au Télémly où il habite. Il est bourré de peur, résigné à la déchéance, rêve tant de retrouver Amata à Tamanrasset mais doit aider Zedma, un ex-terro qui lui sauve la vie après une embuscade. Il lui demande de retrouver le jeune receveur.

La structure du roman suit une chronologie parsemée de flashbacks. Si on est féru de sigles et acronymes faisant référence aux sphères lointaines du pouvoir, on est bien servi avec des explications ficelées dans le genre ; ce que je n’ai pas aimé. Le personnage de RAS, journaliste vestigial des années sombres, disparaît avec son rapt, et on ne sait rien de ce qu’il lui est arrivé.
On ne saisit pas la relation entre la disparition du receveur et l’enclenchement d’une spirale qui va tout balayer autour. Dans les dernières pages, on comprendra que ce receveur est parti avec une fille vers Oran. Auparavant, la fille de S est tuée par son copain ; ce Structure est furieux, s’exile à Tamanrasset où il va crever par des morsures de serpents.

Ce roman nécessite-il une relecture pour y dénicher la subtilité ?

Pour ainsi dire : Sans vouloir le démonter, ce roman est plat et manque de jonctions nécessaires à la compréhension du tout. Ceci étant, ce n’est qu’un avis et non pas une sentence.

Eole

Vents ennemis à l’horizon


Vents soufflent de loin leur haine
Haine s'essouffle dès que vents s'en vont
S'en vont si loin nos marasmes éternels
Eternelles visions du vent qui tance
Lance ses vagues de souffle de vent
Ainsi font, vont nos vents du nord
Nord offert, espoirs du ponant ?
Du sud viennent des gens prospères
Chaleureux du corps,
Cœur à la chaleur
Chaleur des retrouvailles
A l'unisson
Bribes de discussion
Rires en effusion
Au loin, chuchotements d'enfants
Tout près, au sud caresses d'amants





Le dernier roman de Maïssa Bey a tout pour faire grincer les dents des nostalgiques ou ceux qui pensent avoir tourné la page. La France coloniale du XIX eme siècle est une dame qui porte les habits de l'impunité et qui se croit pourfondeuse de civilisation au détriment des droits les plus absolus.

Il y a l'enfant qui la voit arriver, mais qui ne voit rien venir. C'est peut être un mirage, et derrière lui, à flanc de colline, la ville blanche. Plus pour longtemps.

Il assiste honteusement à l'invasion telle les sautrelles. Impuissant, il n'est que le spectateur épisodique de ce qu'est devenue l'Algérie, étape par étape.

Un livre à l'écriture poétiqur malgré l'estampe roman sur la couverture. Un récit où Maïssa Bey tout de morgue tord le cou à des idées reçues faisant bonne image les conventions où colonisation rime avec civilisation.



Extrait :


Elle avance.
Droite, fière toute de morgue et d’insolence, vêtue de probité candide et de lin blanc, elle avance.
C’est elle, c’est bien elle, reconnaissable en ses atours.
Tout autour d’elle, on s’écarte. On s’incline, on fait la révérence.
Elle avance madame Lafrance.
Sur des chemins pavés de mensonges et de serments violés, elle avance.
C’est elle, c’est bien elle dans l’habileté de ses détours, dans l’arrogance de ses discours.
Claquez pavillons, aux armes, citoyens.
Formez les batillons, en rangs serrés ! Tous derrière elle. Et vous peuplades barbares, écartez-vous, prosternez vous. Déposez à ses pieds tributs et actes d’allégeance ! Que nul maraud n’ait l’audace de se dresser sur son chemin : Elle avance.

Elle avance madame Lafrance, droite sur la mer calme et bleue, au milieu de ses suivantes.
Elles sont là.
Elles sont toutes là, La Belle Gabrielle, L’Africaine, La Magicienne, La Capricieuse, La Victorieuse, La Désirée, La Superbe, La Didon, L’Iphigénie. El les autres, toutes les autres.
Escortée de tous ces bateaux aux noms de femme madame Lafrance est forte. Elle est invincible.
Hissez haut les voiles ! Sonnez trompettes ! Tonnez canons !

(…)

Et sur cette terre sauvage, elle vient généreuse, souveraine, dispenser ses lumières.


Aux éditions Barzakh, 156 pages. 450 Dinars




Je ne fait que présenter les deux romans de deux auteurs édités par Barzakh éditions. Pour vous dire la vérité, je n'ai pas encore lu. Il faut que je finisse les autres nouvelles du meilleur ami de l'homme !


Toutefois, j'ai bon espoir que les éditions nous offrent de la bonne lecture, car j'aime lire ce qui se trame chez Selma Hellal et Sofiane Hadjadj.


« Le cortège des berlines blindées serpentait dans la nuit et le
brouillard.
A travers les roseaux muets, suintaient le lumières des phares.
Faisceaux jaunes mordant l'obscure vapeur des enfers. Les barrages de police et
de gendarmerie dressés sur cette partie du littoral algérois avaient disparu
comme par enchantement. Dieu lui-même semblait avoir déserté les trente
kilomètres de nuit et de route entre Alger et Zeralda, localité balnéaire
ridiculisée par l'hiver. Telle une phrase cinglante et vrombissante de
tourments, le serpent d'acier filait à grande vitesse vers un cadavre encore
chaud su une plage vide comme un rectangle. »




"Mais pourquoi s'est il fait appeler Amadeo ?
C'est cette question qui me laisse très perplexe. Son vrai prénom est Ahmed
(...). Franchement, je n'apprécie pas tellement les gens qui changent de prénom
et renient leurs origines : par exemple, je m'appelle Abdallah et je sais que
très bien que c'est un prénom difficile à prononcer poar les italiens et
pourtant, je me suis juré de e jamais en changer tant que je serai en
vie."


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